L’ Union Africaine peut-elle être une puissance diplomatique sans une capacité d’influence sur ses États membres et sur ses partenaires internationaux ? Incontestablement, la réponse est négative. Pour qu’elle devienne une puissance diplomatique, il faut qu’elle se dote soit d’une stratégie délibérée de la part d’un nombre important de ses États membres, soit d’une contrainte indispensable à la survie internationale de ces derniers, ou qu’elle soit capable d’exercer un effet indépendant sur les partenariats et accords signés à l’échelle internationale.
L’ Union Africaine fait face à des défis structurels et politiques qui handicapent littéralement sa capacité et l’efficacité de ses mécanismes institutionnels dans les négociations internationales, qu’elles soient commerciales ou stratégiques.
Premièrement, l’Union Africaine souffre d’une compétence supranationale très restreinte. Elle ne fait pas l’unanimité au sein des États membres sur une potentielle représentation internationale commune.
L’absence d’un marché unique en Afrique et d’une économie continentale intégrée explique, entre autres facteurs, la faiblesse et le rôle périphérique de l’Union Africaine dans les négociations commerciales. Elle ne peut donc pas gagner en efficacité dans les négociations commerciales internationales si elle n’est ni intégrée ni consolidée à l’intérieur du continent.
Deuxièmement, dans ses partenariats hautement stratégiques aux niveaux bilatéral et multilatéral, l’Union Africaine fait face à une dépendance financière qui ne lui permet pas de s’émanciper des calculs de bas étage de nombre de ses États membres et de négocier équitablement avec ses partenaires internationaux.
Contrairement à l’Union Européenne qui a su construire une position structurelle forte avec plus de chances de sortir victorieuse dans les négociations, l’Union africaine ne dispose pas des deux principaux déterminants structurels de la puissance de négociation qui sont strictement liés à la sécurité et au marché. Une situation qui a pour conséquence une paralysie institutionnelle intérieure avec endiguement de la capacité de négociation à l’extérieur.